Système B (comme Bärnoise)
Les chemins de traverse sont souvent les plus épanouissants. Patricia Michaud en a fait l’expérience lors d’un (long) trajet entre la maison et le bureau.
Récemment, tandis que je faisais mes courses dans le quartier, j’ai croisé une copine que je n’avais pas vue depuis longtemps. Une femme sympa, avec un profil similaire au mien (comprenez: une «working mom» énergique et toujours un peu débordée). Alors que je lui montrais fièrement mes nouvelles chaussures de marche basses– que je portais non-stop en ville depuis trois jours afin de les former – elle a lâché: «Je ne sais pas comment tu trouves le temps de randonner…»
C’est bien connu, le temps, on ne le trouve pas, on le prend. Mais quand prendre le temps prend trop de temps, on a recours au système D. Il y a quelques années, j’ai interviewé une championne d’ultratrail qui m’a confié que son principal secret d’entraînement, c’était de se rendre tous les jours au boulot en courant. Petite précision: l’entreprise qui l’emploie se trouve à une trentaine de kilomètres de son domicile.
La ville et ses tentations
Après l’entretien, une ampoule s’était allumée dans ma tête: et pourquoi ne transformerais-je pas le chemin du bureau en randonnée? A l’époque, je parcourais quotidiennement à pied les quelque 2,3 kilomètres (dixit Google Maps) reliant mon domicile à mon lieu de travail - tous deux situés en ville de Berne – en suivant le tracé le plus direct possible. Un itinéraire émaillé de nombreuses tentations, puisqu’il me faisait passer devant plusieurs boulangeries, d’innombrables boutiques de fringues … et quelques bars à vin.
Une demi-heure durant laquelle je prenais le pouls de la ville, avec ses pendulaires stressées, ses touristes dépaysés, ses vélos électriques et ses trams. Et durant laquelle mes poumons faisaient le plein de gaz d’échappement. J’avais souvent, durant ce trajet, une petite pensée pour la nature qui s’étendait tout près, aux portes de la capitale fédérale.
Patricia Michaud est une journaliste freelance suisse romande. Depuis plus de quinze ans, elle habite et travaille à Berne. Dans cette chronique en français, elle raconte ses efforts – plus ou moins couronnés de succès – pour devenir une vraie Bärnoise.
Le but, c’est la marche
Suite à mon interview avec la coureuse, exit Google Maps. C’est sur suissemobile.ch que je me rends afin de mettre à bien mon projet. Car qui dit randonnée dit utilisation du réseau de sentiers pédestres.
Premier constat réjouissant: seuls 850 petits mètres (soit une dizaine de minutes) séparent mon appartement du chemin de randonnée balisé le plus proche. Première déconvenue: le chemin en question file au nord-ouest, alors que je suis censée mettre le cap sur le sud-est. Bref, c’est le (gros) détour assuré. Première leçon: il va me falloir quitter illico le mode boulot pour passer en mode randonnée, à savoir adopter la bonne vieille philosophie «le but, c’est la marche».
Ragaillardie par cette résolution, je retourne à ma carte numérique et, après avoir fait quelques tests de tracés, dégote un itinéraire m’emmenant – après ce fameux crochet au nord-ouest – vers l’est, d’abord à travers la forêt, puis au bord de l’Aar. Je jette un coup d’oeil au tableau statistique de Suisse Mobile, qui indique 7,5 kilomètres de longueur et 74 mètres de dénivelé positif.
Je ne suis pas convaincue: ce trajet ressemble à s’y méprendre à ceux que j’ai fait des dizaines de fois lorsque mon fils était petit et que la poussette était le seul moyen de l’endormir. Une balade, quoi … Je me rends à l’évidence: si c’est une «vraie» randonnée que je souhaite faire, il va me falloir passer par l’ouest. Quitte à contourner toute la ville. Et, tant qu’à faire, gravir le Gurten.
Léger retard
Je dégaine ma souris, m’amuse durant quelques minutes avec le pointeur rouge permettant de dessiner des itinéraires et parviens non sans fierté à en concocter un qui s’étale sur près de 26 kilomètres et comporte 643 mètres de montée (pour 694 mètres de descente). Forêt, ruisseau, champs bucoliques, points de vue, tout y est.
Certes, les 6h49 de temps de marche (dixit suissemobile.ch), auxquelles il a fallu ajouter quelques pauses, m’ont fait arriver un peu plus tard que d’habitude au bureau. Mais ne dit-on pas que l’air pur dope la productivité? Et que les meilleures idées professionnelles viennent en marchant?
À écouter en randonnant vers le bureau: Andromeda (Alles Club)
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